1917

L’abandon de Riga

Soumis par JacquesBainville.fr le dim 05/09/2021 - 17:49

On nous parle beaucoup de l’Europe future qui doit sortir de la guerre. En attendant, si nous nous retournions vers le passé ? Nous verrions que l’œuvre de Pierre le Grand est en train de tomber en morceaux et que l’Europe du nord retourne à un état semblable à celui où elle se trouvait avant l’apparition de la puissance russe.

Les morceaux de la Russie

Soumis par JacquesBainville.fr le dim 05/09/2021 - 17:48

Ceux qui, comme nous, ne se sont jamais fait beaucoup d’illusions sur la Russie ont toujours été dans les meilleures conditions pour dire que l’alliance franco-russe était naturelle, nécessaire et qu’il fallait, par tous les moyens possibles, la pratiquer, la cultiver, la préserver et lui faire rendre tout ce qu’elle était capable de donner. Ni Sturmer, ni Lénine ne nous ont surpris. Sous Lénine comme sous Sturmer, il n’y a qu’une ligne de conduite à suivre : sauver de l’alliance ce qui peut en être sauvé et ne pas renoncer, par dépit, à vingt‑cinq ans de politique et de collaboration.

Vingt-cinq ans d’alliance russe

Soumis par JacquesBainville.fr le dim 05/09/2021 - 17:45

Le mois de juillet 1914 a eu son quart d’heure des alliances, le quart d’heure tragique où il a fallu que la France se décidât. La France serait-elle fidèle au pacte conclu avec la Russie ? Ou bien écouterait-elle les suggestions, s’inclinerait-elle devant les menaces de M. de Schoen qui, à plusieurs reprises, répéta que la situation était grave, que la France devait savoir à quoi elle s’exposait si elle ne déclarait pas qu’elle se désintéressait du conflit de l’Orient.

La statue de Stolypine

Soumis par JacquesBainville.fr le dim 05/09/2021 - 17:43

Nous connaissons des libéraux russes qui s’étaient juré de n’avoir pas de repos jusqu’à ce que la statue de Stolypine fût dans le Dniepr. Nous ne savons pas si la statue a fait dans le grand fleuve le même saut que, jadis, après le baptême de Vladimir, l’idole Peroun, mais il est certain que la population de Kief l’a jetée à bas de son socle. C’était une des manifestations symboliques les plus faciles à prévoir de la révolution russe.

Les problèmes russes

Soumis par JacquesBainville.fr le dim 05/09/2021 - 17:42

Lorsqu’un monarque croit qu’il ne s’agit que d’une émeute, il faut au moins que son entourage l’avertisse qu’il s’agit d’une révolution. Bien des choses s’expliquent par le fait, aujourd’hui avéré, que Nicolas II a été abominablement trompé par les hommes à qui il avait eu le tort de donner sa confiance. Nous avons, à l’heure qu’il est, des détails circonstanciés sur les moments qui ont précédé l’abdication, dans le train impérial errant de gare en gare. Ces moments suprêmes offrent en raccourci l’histoire du règne tout entier.

Le parti allemand en Russie

Soumis par JacquesBainville.fr le dim 05/09/2021 - 17:05

Il semble que ce soit pour la Russie comme une fatalité historique d’être disputée entre les influences germaniques et son esprit national. Chez ses révolutionnaires eux-mêmes se retrouve la même division et Bakounine n’a pas cessé de s’y opposer à Karl Marx. Bakounine est comme le Proudhon de la Russie. Il semble que ce soit, en ce moment, Bakounine qui l’emporte sur Karl Marx et Sturmer. C’est le plus grand bonheur qui pourrait arriver à la révolution russe.

Instructions à un ambassadeur en Russie

Soumis par JacquesBainville.fr le dim 05/09/2021 - 17:01

Le public français, dans sa partie moyenne, a été légèrement décontenancé par la révolution russe. Comme la France est, au fond, un pays conservateur ! Notre ancienne politique n’avait pas ces timidités. Les révolutions chez autrui ne lui faisaient pas peur. Le mot lui paraissait aussi naturel que la chose parce qu’elle n’y attachait pas un sens infernal ou céleste. Une révolution, c’était un changement de système, et la tâche de la politique était d’en tirer le parti qu’elle pouvait après en avoir pesé le bien et le mal.

Le monde en mouvement

Soumis par JacquesBainville.fr le dim 05/09/2021 - 16:50

Il y a des gens qui ont cru que des événements aussi vastes que ceux de la guerre européenne pourraient s’achever sans que des modifications profondes se fussent produites dans la vie des peuples. La révolution russe est un des signes du contraire. C’est à peu près comme si l’on disait que, quand on a battu des œufs pendant un certain nombre de minutes et qu’on les a mis dans la poêle, on les retrouve ensuite dans leur état primitif.

Journées révolutionnaires à Petrograd

Soumis par JacquesBainville.fr le dim 05/09/2021 - 16:45

Nicolas II ne s’est pas conformé à la maxime : « Rois, gouvernez hardiment. » Il aurait terminé par une abdication qui n’est pas encore certaine un règne d’hésitations et de scrupules. Lorsque l’on voit le cours de la crise qui vient d’aboutir à la formation d’un gouvernement provisoire, issu de la Douma et qui a proclamé la régence du grand‑duc Michel, frère de l’empereur, on se rend compte de la bonne volonté du peuple russe, des possibilités qui s’offraient pourtant au souverain.