1933


Aristote à l’Hôtel Drouot.

Un observateur méthodique des faits sociaux, un observateur de l’école de Taine, attentif à ce qui s’élabore sous nos yeux, ne manquerait pas de noter un certain nombre de phénomènes et de symptômes annonciateurs des temps prochains. La commune de Trignac est actuellement aux prises avec des difficultés financières en comparaison desquelles celles de l’État français sont peu de chose. Qu’est-il donc arrivé ? Il était venu s’établir sur le territoire de cette commune une...
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Jacques Bainville
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À force de tirer sur la corde.

Les porteurs de valeurs mobilières sont toujours appelés à payer les frais du déficit. C’est si commode ! Une retenue sur les coupons, c’est de l’argent que le fisc perçoit d’avance. Pas d’attente pour des rentrées incertaines, pas de poursuites, pas de déboires. Le rêve ! Il est vrai que les coupons servent à former les revenus sur lesquels est perçu l’impôt général. Quand les revenus baissent, le produit de cet impôt baisse aussi et...
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Jacques Bainville
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Confiance et méfiance.

C’est dommage, grand dommage de troubler et d’inquiéter un pays comme le nôtre. On dirait que ceux qui l’alarment ne le connaissent pas. Il lui faut pourtant si peu de chose pour être rassuré et, dès qu’il se rassure, comme son génie de l’épargne fait des miracles ! On a dit les bienfaits de la confiance. On les a éprouvés. Alors on ne devrait pas oublier que le fond de la nation française est resté...
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Jacques Bainville
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Le coup mortel au crédit.

Le président Roosevelt a demandé et obtenu des pouvoirs extraordinaires pour réduire le dollar jusqu’à la moitié de son taux ancien. Cependant, le dollar, détaché de l’or et abandonné à lui-même, n’a perdu qu’un huitième de sa valeur. Il se défend contre ses meurtriers. Comment et pourquoi ? D’abord parce qu’il n’avait aucune raison de dépérir. L’Amérique a de l’or, une balance commerciale active, des créances partout. Le dollar devait se maintenir au pair. Il...
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Jacques Bainville
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Le remède héroïque.

Si l’on veut le « redressement des finances », et si l’on y croit, il n’y a qu’un moyen de l’obtenir. Je crains seulement qu’on ne s’en serve pas. Qu’est-il arrivé, par suite d’entraînements qu’on appelle démagogiques pour ne pas avouer qu’ils tiennent à l’élection, laquelle suppose la démagogie ? Il est arrivé que les dépenses de l’État sont plus fortes que ses recettes. Par conséquent, un moment vient où l’argent doit manquer. À ce...
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Jacques Bainville
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Comment voulez-vous y croire ?

Croyez-vous au redressement des finances publiques ? Moi, très peu, depuis le commencement, et aussi peu, ou encore moins, M. Gaston Jèze, homme de gauche par une de ces habitudes qui s’appellent tradition, mais qui est formé à l’analyse et à la critique. Professeur de droit public et de finances publiques à la Faculté de droit, M. Gaston Jèze écrit dans le Journal des Finances de cette semaine que le projet Chautemps, le quatrième depuis...
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Jacques Bainville
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Comment voulez-vous y croire ?

Croyez-vous au redressement des finances publiques ? Moi, très peu, depuis le commencement, et aussi peu, ou encore moins, M. Gaston Jèze, homme de gauche par une de ces habitudes qui s’appellent tradition, mais qui est formé à l’analyse et à la critique. Professeur de droit public et de finances publiques à la Faculté de droit, M. Gaston Jèze écrit dans le Journal des Finances de cette semaine que le projet Chautemps, le quatrième depuis...
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Pour combien de temps il y en a.

Les économistes calculaient, avant 1914, qu’une guerre euro­péenne ne pourrait pas durer plus de trois mois parce qu’après ce temps leurs ressources financières seraient épuisées. Ils se trompaient de quatre ans et onze jours. Et pourtant ils avaient raison. Les trois mois qu’ils avaient fixés répondaient aux ressources réelles des puissances belligérantes. Ils avaient oublié l’emprunt et l’inflation, création de ressources fictives qui permit de poursuivre la guerre jusqu’au mois de novembre 1918. En ce...
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Jacques Bainville
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L’électeur et les finances.

Au mois de mai de l’année dernière, nous disions que la Chambre nouvelle avait été élue pour tout ce qu’on voudrait (même pour faire la guerre, et plus longtemps au besoin que sa sœur et devancière de 1914), sauf pour nous rendre les finances du baron Louis, ou de Léon Say, ou de Rouvier ou de Raymond Poincaré. Où en sommes-nous après bientôt un an ? C’est bien simple. Deux gouvernements ont déjà été usés...
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Jacques Bainville
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