1933

Le remède héroïque

Soumis par JacquesBainville.fr le dim 05/09/2021 - 20:23

Si l’on veut le « redressement des finances », et si l’on y croit, il n’y a qu’un moyen de l’obtenir. Je crains seulement qu’on ne s’en serve pas.

Qu’est-il arrivé, par suite d’entraînements qu’on appelle démagogiques pour ne pas avouer qu’ils tiennent à l’élection, laquelle suppose la démagogie ? Il est arrivé que les dépenses de l’État sont plus fortes que ses recettes. Par conséquent, un moment vient où l’argent doit manquer.

Le coup mortel au crédit

Soumis par JacquesBainville.fr le dim 05/09/2021 - 20:18

Le président Roosevelt a demandé et obtenu des pouvoirs extraordinaires pour réduire le dollar jusqu’à la moitié de son taux ancien. Cependant, le dollar, détaché de l’or et abandonné à lui-même, n’a perdu qu’un huitième de sa valeur. Il se défend contre ses meurtriers. Comment et pourquoi ?

D’abord parce qu’il n’avait aucune raison de dépérir. L’Amérique a de l’or, une balance commerciale active, des créances partout. Le dollar devait se maintenir au pair. Il ne baissera pas tant que les émissions massives de billets qui ont été annoncées n’auront pas eu lieu.

Confiance et méfiance

Soumis par JacquesBainville.fr le dim 05/09/2021 - 20:16

C’est dommage, grand dommage de troubler et d’inquiéter un pays comme le nôtre. On dirait que ceux qui l’alarment ne le connaissent pas. Il lui faut pourtant si peu de chose pour être rassuré et, dès qu’il se rassure, comme son génie de l’épargne fait des miracles !

On a dit les bienfaits de la confiance. On les a éprouvés. Alors on ne devrait pas oublier que le fond de la nation française est resté rural et que le trait distinctif du paysan c’est la méfiance.

À force de tirer sur la corde

Soumis par JacquesBainville.fr le dim 05/09/2021 - 20:08

Les porteurs de valeurs mobilières sont toujours appelés à payer les frais du déficit. C’est si commode ! Une retenue sur les coupons, c’est de l’argent que le fisc perçoit d’avance. Pas d’attente pour des rentrées incertaines, pas de poursuites, pas de déboires. Le rêve !

Pour combien de temps il y en a

Soumis par JacquesBainville.fr le dim 05/09/2021 - 17:29

Les économistes calculaient, avant 1914, qu’une guerre euro­péenne ne pourrait pas durer plus de trois mois parce qu’après ce temps leurs ressources financières seraient épuisées. Ils se trompaient de quatre ans et onze jours. Et pourtant ils avaient raison.

Les trois mois qu’ils avaient fixés répondaient aux ressources réelles des puissances belligérantes. Ils avaient oublié l’emprunt et l’inflation, création de ressources fictives qui permit de poursuivre la guerre jusqu’au mois de novembre 1918.